Édition du samedi 10 mai 2008
Royal de Luxe crée à Art Rock
À Saint-Brieuc, la troupe joue Les cauchemars de Toni Travolta. Un spectacle enjoué et débridé.
Tout de blanc vêtu, des chanteurs hippies investissent le plateau. Un simple échafaudage à roulettes annonce la scène suivante. Et, très vite, tout part en vrille dans un disco débridé à la Travolta. La nouvelle création de Royal de Luxe nous entraîne vers une fièvre du samedi soir décapante. Elle est programmée actuellement, à Saint-Brieuc, dans le cadre du 25e anniversaire du festival Art Rock.
C'est la deuxième collaboration de la compagnie chilienne survoltée Gran Reyneta avec le non moins déjanté Jean-Luc Courcoult, metteur en scène de Royal de Luxe. L'an dernier, la troupe de Santiago du Chili était venue présenter son remix de Roman-photo, lui donnant une folie très latine. Cette fois, les festivaliers briochins ont le droit à une première mondiale avec Les cauchemars de Toni Travolta.
Sur scène, quatorze artistes polyvalents se démènent sans compter. Musiciens, chanteurs, danseurs, acrobates, techniciens... Ils enchaînent numéros de cascades et tubes sirupeux. Hommage à Dalida, Brel, Liza Minelli, Gene Kelly... Le répertoire est joué en live pendant le spectacle.
Un scénario à rebondissements
Si les clins d'oeil à la comédie musicale sont nombreux, le scénario lui est à rebondissements. L'histoire débute dans un lit. Celui de Toni Travolta qui se prend pour John. Ses cauchemars nous emmènent au Chili où la dictature sévit, en Irak où la guerre fait rage. Entre-temps, on assiste à trois accouchements, un anniversaire, une fouille au corps, un enlèvement, un héritage, un mariage qui s'achève dans un bain de sang...
Rêve ou réalité ? « Chaque spectateur doit y trouver son chemin », dit Jean-Luc Courcoult qui se défend de livrer un quelconque message. « C'est une histoire simple avec des drames que l'on vit au quotidien, parfois on en rit, parfois on en pleure. »
Catherine LEMESLE.
Ouest-France