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L'américain Joe Louis Walker, 59 ans, a partagé hier sa musique avec le public du festival Autour du Blues à Binic. Sa notoriété l'a suivi dans les Côtes-d'Armor : à l'hôtel, dans la nuit de jeudi à vendredi, il a été réveillé par une fan. Vous êtes un artiste reconnu sur la scène blues internationale, pourquoi venir au festival de Binic ?
Parce qu'avant d'être vraiment connu, j'ai été petit moi aussi. Tant qu'il y a un public je suis prêt à jouer, à chanter. Et puis j'aime beaucoup la France. J'y ai habité pendant deux ans et fais ici beaucoup de festivals.
Où trouvez-vous l'inspiration ?
Je suis curieux et voyage beaucoup, c'est bon pour l'inspiration. Je raconte en chansons ce qui m'interpelle, mon expérience, mes souvenirs d'enfance. Il m'arrive de reprendre aussi des citations de la Bible.
Comment est née cette passion de blues ?
Mes parents sont originaires du Mississippi, le vieux Sud. Quand ils sont arrivés en Californie, ils ont apporté leur tradition, leur musique c'est-à-dire le blues. Quand j'étais petit, j'ai vraiment baigné là-dedans. De plus, mes cousins étaient musiciens, j'ai beaucoup joué avec eux. J'ai aussi rencontré le guitariste Mike Bloomfield qui m'a présenté à la scène de blues de la baie de San-Francisco. J'ai d'autres influences, comme la soul. Et le gospel : j'ai fait partie d'un groupe au sein de l'Église.
Quelles sont les origines du blues traditionnel ?
Cette musique vient de la souffrance. Comme le Jazz et le reggae. Le blues trouve son origine dans les chants des esclaves noirs du Sud des États-Unis. D'ailleurs, Muddy Waters disait : « Les Blancs pourront chanter le blues quand ils auront passé 200 ans en servitude. » En revanche, cette forme musicale - vocale et instrumentale- n'est pas agressive.
On dit parfois que vous avez lancé dans les années 1980 le courant qualifié de « Blues contemporain »
On n'invente pas un style, on le fait évoluer. Le blues contemporain c'est se sentir libre de ne pas garder la structure traditionnelle du blues, en douze mesures... Je m'inspire des traditions et apporte ma sensibilité, mon émotion.
Quels sont vos projets ?
Je viens de terminer l'enregistrement de mon album « Witness to the blues » qui sort en septembre. Je vais bientôt commencer à travailler sur mon nouvel album. Je devrais chanter avec Blind boys of Alabama et Jordanaires sur cet opus.
Propos recueillis par
Manon BOUGAULT.
Programme. Samedi : Jean Charton (blues roots), Michel Leeb et son big band brass. Dimanche : Morley (jazz, groove, pop), Stacey Kent (le phénomène jazz 2008). Tarifs. Pass un jour : 30 € debout, 35 € assis. 29 € un concert. Tous les jours, apéro-concerts et blues club gratuits, square Fichet des grèves, au kiosque blues dès 18 h.