Édition du jeudi 27 septembre 2007
Albert Fouré
Qui, à Saint-Brieuc, ignore le sourire de cet homme toujours élégamment vêtu ? Patron de cinq enseignes (il y en a eu jusqu'à sept) concentrées sur l'habillement de l'homme, Albert Fouré est un personnage inévitable du centre-ville depuis 1949 ! Cette année-là, il ouvre une minuscule boutique au 13 rue Saint-Gouéno. « Personne n'en voulait à cause du numéro », se souvient-il. Il déménage 12 ans plus tard pour la rue Saint-Gui et ne cesse de s'agrandir et de diversifier ses boutiques.Normal, il est tombé dedans quand il était petit. Pour ce fils d'un vendeur qui faisait la campagne et d'une couturière, la vie c'est le commerce. « Il y a aussi le sport et la joie de vivre, ajoute-il. Ça m'a donné l'envie de gagner. » S'il a réussi, c'est parce qu'il a « senti le marché » et aussi parce qu'il a su sortir de sa boutique. « Je me suis intéressé à la vie extérieure. Rue Saint-Gouéno, j'avais monté un comité de rue. J'ai travaillé à la chambre de commerce, à l'Union du commerce. Je suis devenu une sorte de conseiller technique auprès des mairies successives. Je suis allé dans les salons parisiens. »Sans lui, la rue Saint-Guillaume ne serait pas tout à fait la même. Son secret ? « Mes clients m'ont servi de conseillers. J'ai été un aventurier dans mon boulot, avec des risques contrôlés quand même. » À 79 ans, Albert Fouré ne songe pas un instant à la retraite : « J'ai toujours le même enthousiasme. » Il n'y a pas si longtemps on le croisait encore faisant son footing du côté des Rosaires.Aujourd'hui, il marche beaucoup, aime passionnément la peinture contemporaine et visiter des villes. « J'essaie juste d'être plus raisonnable », jure-t-il.
Ouest-France