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Pura Fe'a donné un concert de très grande qualité, hier, à la maison d'arrêt de Saint-Brieuc ou quand Art Rock franchit les murs pour offrir bien plus que la musique. Pas de pelouse verdoyante dans laquelle s'affaler. Pas de rayon de soleil, non plus. Et encore moins de verre de bière. Quand Art Rock s'invite à la maison d'arrêt, il n'a pas la même saveur que dans les rues de la ville. Il n'en demeure pas moins un instant rare, donc précieux. « Un lien entre l'extérieur, la ville, et la maison d'arrêt », résume Carole André, coordinatrice des activités culturelles et de santé pour le service pénitentiaire d'insertion et de probation. « Une façon de ne pas exclure la population carcérale du festival », ajoute Roland Le Guennec, directeur de la maison d'arrêt.
Hier, la chanteuse Pura Fe'- foi pure en espagnol - est allée au devant des détenus. Plus qu'une figure imposée, une conviction. Pura Fe'n'en est pas à sa première évasion musicale. La chanteuse est déjà intervenue dans des pénitenciers de Californie, du Minnesota, d'Alaska. « Je trouve ça bien d'aller au-devant des prisonniers. C'est un peu un bout de liberté qu'on leur offre. »
« C'est bon ! »
Portoricaine par son père, indienne de la tribu Tuscarora par sa mère, Pura Fe'chante un blues teinté de folk et de musique traditionnelle indienne. Un très bon blues, narrant la vie de ses ancêtres, porté par une voix d'exception et un guitariste tout aussi exceptionnel. Au final, l'un des plus beaux moments artistiques du festival.
« C'est très bon ! » s'enthousiasme Mathias (1), 23 ans, qui apprécie les trois quarts d'heure de concert à sa juste valeur. « C'était très chouette, un petit concert juste pour nous, sourit David, 22 ans. Dommage qu'il n'y a pas plus de monde. » Devant Pura Fe', ils ne sont en effet que huit détenus. Seize s'étaient pourtant inscrits. Une majorité a préféré les parloirs, plus rares en ce mois de mai truffé de jours fériés, ou encore, la cour de promenade et le soleil qui va avec.
« D'autres auraient préféré du rap, concède Carole André. Mais ces concerts sont aussi là pour les ouvrir à d'autres choses. »
Qu'importe, Pura Fe'a donné sans compter. Comme elle l'avait fait, dimanche après-midi, dans le cadre plus cossu du petit théâtre à l'ancienne de la Passerelle.
François GRÉGOIRE.
(1) Prénoms d'emprunt.
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