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Après une ouverture ratée au Portugal (abandon), le Finistérien Jean-Luc Pailler, ici au volant de sa 207 WRC, tentera de se faire une place au soleil, samedi et dimanche, à Kerlabo-Cohiniac, terre d'accueil d'un championnat d'Europe de rallycross en pleine évolution. : Droits réservésJean-Luc Pailler, vous fréquentez le circuit européen depuis 1992. Quel regard portez-vous sur l'évolution du rallycross en Europe ?
« La principale évolution concerne le nombre de voitures engagées dans la catégorie reine, la Division 1. Je me rappelle de certaines années au Portugal où nous n'étions qu'une dizaine en lice. Le week-end dernier, à Lousada, plus de 30 voitures WRC étaient engagées. A Kerlabo en fin de semaine, nous serons une quarantaine ! La discipline progresse, les voitures sont de plus en plus belles et performantes avec des teams professionnels. Des constructeurs tels que Skoda, Citroën, Peugeot ou encore Ford, ont également beaucoup investi dans la discipline au niveau européen. En Europe, le rallycross est vraiment le fer de lance de toutes les disciplines hors rallye FIA (Fédération internationale de l'automobile) et circuit WTCC (championnat du monde des voitures de tourisme).
Marcus Grönholm, le double champion du monde des Rallyes, en retraite depuis fin 2007, semble se diriger vers le championnat d'Europe de rallycross. Qu'en pensez-vous ?
Il y a eu beaucoup d'articles concernant sa participation aux manches européennes. Beaucoup d'inexactitudes aussi. Il n'était pas présent à l'ouverture de la saison au Portugal, comme il ne sera pas à Kerlabo dimanche prochain. Marcus est consultant pour Ford, il est un peu normal qu'il soit l'animateur de ce team. Il devrait normalement faire une pige en Suède et une autre en Finlande. Mais il est certain que l'arrivée de pilotes de renom a du bon pour la promotion et le développement de notre sport.
Cette saison, les pilotes de D1 peuvent équiper leur moteur d'une bride de turbo de 45 mm. Sur le plan technique, c'est une vraie révolution ?
La France s'est tout simplement rapprochée du règlement européen. Elle faisait « sa soupe » de son côté en prétextant qu'elle avait le meilleur championnat et qu'elle n'était pas obligée de s'aligner sur l'Europe. La France s'est bien rendu compte qu'à un moment ou un autre, elle risquait de perdre la manche européenne organisée dans l'Hexagone.
Peut-on s'attendre à d'autres changements ?
Non, je crois que c'est désormais assez figé, bien équilibré. Quand on voit un plateau de 42 voitures sur une épreuve comme ce sera le cas le week-end prochain à Kerlabo, il ne faut pas tout chambouler car une voiture coûte beaucoup d'argent. Refaire des développements sous prétexte que certains décideurs veulent changer le règlement, ce n'est pas envisageable. Les décideurs ne sont pas les payeurs. Aujourd'hui, beaucoup de constructeurs investissent à travers des teams privés comme moi avec Peugeot sports, Hansen avec Citroën, Eriksson avec Ford, Jernberg avec Skoda ou encore Eklund avec SAAB.
Côté public, l'engouement populaire pour le rallycross est sans cesse grandissant. Comment l'expliquez-vous ?
La première manche européenne au Portugal, c'était quelque chose. Il faut le vivre pour le voir. C'est le seul endroit où on fait la « ola » dans les tribunes. Le public est très chaud. On y retrouve des passionnés qui ne font pas de différence entre les pilotes. Ils sont là pour le spectacle et la fête du rallycross.
Menacée de suspension (1), la deuxième manche européenne aura bien lieu à Kerlabo. Soulagé ?
Il y a toujours des gens qui ne sont jamais d'accord avec ce qui se passe dans leur environnement. C'est le cas à Plouvien dans un petit patelin près de chez moi où les habitants protestent contre les éoliennes. Que voulez-vous ? Certains se battent contre la course automobile, d'autres contre ceux qui font pousser des carottes... Il y aura toujours des esprits contradictoires. Pour ce week-end, la compétition est maintenue. On annonce du beau temps. Le spectacle sera au rendez-vous ! »
Recueilli par
Loïc TACHON.
(1) : mardi, le tribunal administratif de Rennes a rejeté la demande de suspension du rallycross de Kerlabo faite par l'Association de recherche et de protection de l'environnement.