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Les élus d'Hillion, les pieds dans les algues vertes, dénoncent le non-engagement de l'État. Samedi, Hillion, plage de Lermot, à proximité de Saint-Brieuc. C'est marée haute et quelques baigneurs enjambent le mur d'algues verdâtres qui tapissent le sable pour aller nager. Sur les lieux, Yvette Doré, maire, accompagnée de trois de ses élus, Alain Lafrogne, Marie-Thérèse Macé et Claude Cabaret. Ils sont venus se rendre compte de l'état de la plage. Déception de Claude Cabaret : « Les tracteurs ont travaillé pendant six heures, vendredi. C'était impeccable, et voilà ce qu'on retrouve ce matin : une plage souillée. »
Chaque jour, tout est à refaire. L'entreprise Bleu Vert ramasse inlassablement les algues, puis les transporte à la Ville-Indeloup, où elles sont mélangées avec des déchets verts. « Mais on n'a plus de place, on arrive à saturation. Et les odeurs d'algues en putréfaction gênent tout le secteur », explique Alain Lafrogne. A Hillion, 1 800 tonnes ont été récoltées en 2007. Pour 2008, le seuil des 5 000 tonnes est quasiment atteint, déjà. La plate-forme locale n'a même plus la possibilité de tout recevoir. Des camions partent vers Pluduno, à 40 km de là, où les algues sont accueillies par une plate-forme privée. Mais sur place, les habitants commencent déjà à réagir.
Yvette Doré s'inquiète. « Si le conseil général nous aide à hauteur de 80 % pour l'évacuation et le traitement des algues, il nous reste des charges. L'État devrait nous aider : c'est de la remise en état de site. On veut faire appel à la solidarité pour nous aider aussi à évacuer le compost. »
Elle s'alarme
Le maire d'Hillion s'alarme aussi depuis la récente mort de deux chiens, victimes d'insuffisance respiratoire, après un contact avec des algues en putréfaction. « Je regrette l'indifférence de l'État sur le dossier. Je n'ai même pas été destinataire du résultat de l'autopsie. Deux animaux sont morts, qu'en est-il si un enfant tombe dedans ? Outre l'aspect esthétique, c'est de sécurité dont je parle. Le préfet a pris une directive obligeant les personnes travaillant à l'enlèvement des algues à porter des masques, c'est qu'il reconnaît la dangerosité. » Les élus rappellent que seules les algues en putréfaction sont toxiques car elles dégagent des gaz nocifs et que la mytiliculture « n'est heureusement pas concernée ».