Édition du samedi 10 mai 2008
Des artistes du métro font leur show au village
Le festival Art Rock s'est ouvert vendredi au village avec une sélection inédite d'artistes du métro parisien.
A cent pieds sous terre, ils ont refait surface au village d'Art Rock. Qui ? Les artistes du métro. Habitués à égayer le trajet des voyageurs dans les souterrains parisiens, ils ont ouvert les festivités vendredi après-midi au village. Cinq artistes aux sonorités venues des quatre coins du monde se sont succédé sur la petite scène gratuite d'Art Rock. Pourquoi des musiciens du métro ? Certes, Fulgence Bienvenüe, l'inventeur du métro, était Briochin, mais l'idée est plutôt venue du chef d'orchestre du village, Gérard Poulain. Résidant dans la capitale, il a arpenté les souterrains du métropolitain pour sélectionner cinq artistes aux accents variés.
World music
Jeune parisienne de 29 ans, Brune a eu la difficile tâche d'ouvrir le bal avec ses titres rock en langue française. Les festivaliers, encore un peu endormis mais curieux s'arrêtent et certains s'installent autour d'une table. C'est la tradition au village. Si certains sont trop pressés pour écouter, d'autres font une halte pour boire un verre, discuter entre amis ou écouter les artistes qui se produisent. Parfois, on tombe sous le charme et on reste plus longtemps comme Florian 22 ans, originaire de Nantes : « Je passais par hasard et la musique m'a plu alors je suis resté une demi-heure ».
15 h. C'est au tour de Chérif, chanteur sénégalais accompagné d'un percussionniste, d'investir le village. Habitué des scènes - il a fait la première partie de la tournée européenne de Tracy Chapman et jouera au prochain Solidays - l'artiste réchauffe les festivaliers encore un peu frileux. La recette : des sonorités tout droit venues d'Afrique et surtout, une bonne humeur communicatrice. Il n'en faut pas plus pour conquérir le public qui répond « ooouuuiii » en choeur au « Vous en voulez encore ? ». L'ambiance, en dent de scie, retombe.
Boléro, originaire des Comores, prend la relève et redonne le sourire au public de passage avec ses balades harmonieuses. « Ici comme dans le métro, c'est une bonne école. Les réactions du public me permettent de savoir si mon répertoire est bon », explique le jeune auteur.
Au fil des heures, l'ambiance devient légèrement plus festive. Rien d'étonnant, le village se remplit au rythme des apéros. L'Argentin Montoya avec sa variété latino-américaine emporte l'adhésion des festivaliers avec ses reprises en espagnol de titres comme La foule de Piaf. Mais le public reste encore un peu timide. Cette première au village a toutefois permis aux artistes du métro de prendre la température. Ils offriront aux festivaliers deux autres prestations samedi et dimanche.
Ouest-France