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À 56 ans, le Carnéen Didier Simon a passé la moitié de sa vie en tant que commissaire cycliste, d'abord au niveau régional et, en 2008, aux Jeux olympiques de Pékin. Lors des épreuves de course en ligne et contre-la-montre, c'est lui qui coordonnera une équipe de huit commissaires internationaux et dix commissaires chinois. « On contrôle à la fois la sécurité et la régularité sportive, explique-t-il. On travaille avec tous les corps de métier, pour que chacun puisse faire son travail sans gêner l'autre. » Placement des équipes de journalistes, gestion des véhicules qui suivent la course, prise de sanction en cas de dopage avéré... « Cela nécessite une attention permanente. À ce niveau, on n'a pas le droit à l'erreur, les enjeux sont trop importants. Par exemple, ce serait inadmissible qu'un coureur manque le titre parce qu'un véhicule l'a gêné. »
Une charte très stricte
Autre responsabilité à gérer : les équipements sportifs. « La charte olympique est très stricte là-dessus, au niveau des affichages des sponsors sur les maillots par exemple. Nous veillons aussi à ce que le matériel soit réglementaire. Il ne faut pas qu'un cycliste roule avec le maillot dernier cri qui permet de réguler la température du corps... Il s'agit de mettre tout le monde sur un pied d'égalité. » L'importance de l'événement donne une envergure particulière à la mission de président des commissaires « à cause de tout ce qui tourne autour de la course. Mais pour l'arbitrage de l'épreuve en lui-même, c'est une question d'habitude », lance-t-il sans fausse modestie.
Il faut dire qu'à 56 ans Didier Simon est rôdé à l'exercice : bercé dans le milieu du cyclisme depuis l'enfance, il s'est retrouvé à l'âge de 28 ans commissaire régional. Puis il a grimpé les échelons. Et depuis 1991, il fait partie de la trentaine de commissaires français internationaux. Il a participé à toutes les plus grandes courses : Paris-Roubaix, championnats du monde, ou même le Tour du Qatar ! Après avoir été président des commissaires sur le Tour de France en 2007, il ne pourra guère faire plus prestigieux que cette mission aux JO. « Mais ce n'est pas pour autant que je ne prendrai pas de plaisir à arbitrer des courses de moins grande importance. »
Pas le temps de visiter
En 2007, Didier Simon n'a eu qu'une semaine de vacances. Il jongle avec congés et RTT pour pouvoir assouvir sa passion. Son moteur ? « Les relations humaines tissées. Et puis je crois en la beauté du sport, sinon je ne m'investirais pas autant. Je suis peut-être un peu naïf. » Pas aveugle pour autant, le Carnéen n'ignore pas les polémiques sur la situation des Droits de l'Homme en Chine, « mais il fallait y penser avant de leur attribuer les JO. » De même, il observe de loin, et avec regret, l'UCI et ASO, la société organisatrice du Tour de France, se déchirer. « C'est bien dommage pour le cyclisme, il est temps que ça s'arrête. »
En attendant, Didier Simon s'envolera lundi soir pour la Chine. Son travail s'achève le 13, et il repart le 14. Entre la cérémonie d'ouverture et les épreuves dont il contrôle l'arbitrage, il n'aura pas le temps de visiter le pays. Tout juste en verra-t-il la Grande Muraille, la place Tian'an Men et la Cité interdite, devant lesquelles passe la course en ligne.
Elodie AUFFRAY.