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Yann Kermorgant, Julien Féret, Sylvain Didot, le « Breizh touch » du Stade de Reims. : Jérôme FouquetAvez-vous vu « l'énorme » but de Yann Kermorgant, le week-end dernier face à Sedan ? Meilleur passeur de son équipe (14 passes décisives) et spectaculaire buteur occasionnel (4 buts dont cette frappe de 30 mètres en lucarne), le Vannetais a encore symbolisé l'influence importante qu'exercent cette saison les joueurs bretons sur le Stade de Reims. Avec Sylvain Didot, le Paimpolais et Julien Féret, le Langueusien, Reims goûte avec plaisir à la méthode bretonne, souvent pétillante, rarement décevante.
Arrivé de Grenoble (10 buts) à l'intersaison en quête de temps de jeu, Yann Kermorgant (26 ans) y a vite adopté un rôle clé sur et en dehors du terrain. Pour preuve, ce cri de joie orchestré dans le vestiaire rémois après l'important succès sur Sedan. « Il fallait que quelqu'un se lance, explique-t-il, toujours prompt à adosser les responsabilités. Dans l'équipe, notamment avec Sylvain, on essaie d'assumer ce rôle de leader. En vrais Bretons, on sait dire les choses au sein du groupe quand ça ne va pas... On a ce côté un peu ronchon ou un peu bougon. Sans doute qu'on le sent moins chez quelqu'un comme Féfé qui a une nature plus réservée. »
Pour la petite histoire, cette forte influence bretonne a fini par s'étendre jusqu'au régime alimentaire. Il ne se passe plus une collation à Reims sans que le club n'oublie d'y glisser d'indispensables portions du beurre salé...
Didot - Féret, chacun son style
Au tempérament de feu du Morbihannais s'ajoute la belle complémentarité des deux milieux de terrain Costarmoricains, Sylvain Didot (33 ans) et Julien Féret (25 ans). « A Reims, c'est clair que nous sommes à des postes importants. J'ai le brassard et le devoir d'avoir de l'influence dans le vestiaire. Comme moi, Yann a aussi ce tempérament expansif tandis que « Féfé » (Julien) est plutôt introverti, confirme le Paimpolais. Lui, il s'exprime totalement sur le terrain avec le gros talent qu'on lui connaît. Cette année, il a été freiné par une blessure mais il a énormément pesé sur notre jeu ces dernières saisons. »
Prolongé d'un an jusqu'à fin 2009, après avoir récupéré d'une rupture des ligaments croisés du genou la saison passée, Sylvain souligne combien l'appartenance à la même région crée des liens forts entre les joueurs et leurs familles. « Nous ne formons pas un clan breton mais les liens sont forcément plus forts. Cela dit, c'est vrai aussi que de temps en temps, on nous « chambre » sur différents sujets touchant à la Bretagne comme la météo, le fait d'être têtu ou actuellement la possibilité de retrouver Vannes en L2... »
La saison prochaine, Julien Féret, jouera peut-être un cran au-dessus de la L2, en L1 ? Il s'en ait fallu de peu pour qu'il ne rejoigne Strasbourg à l'intersaison dernière. « Il me reste deux ans de contrat... On verra. D'ici là, il faut surtout songer à maintenir le club, insiste le Langueusien, formé au Stade briochin, puis au Stade rennais. Lui aussi apprécie cet environnement rémois où il est possible d'échanger des nouvelles du pays. « Moi je parle de Saint-Brieuc, Yann de Vannes, « Did » de Paimpol... Chacun évoque ses attaches, voire des amis communs. C'est un vrai concours de circonstances de s'être ainsi retrouvé à autant de Bretons. Sylvain est arrivé en premier, il y a quatre ans, moi l'année suivante et Yann, que je connaissais depuis Rennes où nous étions étudiants, nous a rejoints cette année. Il prend une part de plus en plus importante dans notre jeu. » Le trio mène la danse à Reims. Un danse bretonne, bien entendu.
Philippe PÉRON.