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Depuis 2004, vous photographiez les artistes d'Art Rock. Pourquoi vous définissez-vous comme un « voyeur de l'image » ?
La photographie est un parcours solitaire. Grand Corps Malade dit qu'un chercheur d'or qui trouve une pépite est un autiste. Quand je photographie, plus rien n'existe autour de moi. Je suis dans une bulle. Je n'entends plus rien et suis accaparé par ce que je vois sur scène. Parfois, j'ai tellement de mal à entendre les sons que je ne sais plus dire ensuite quel groupe j'ai vu. Je suis là, j'attends l'instant, mon regard est pris. En dehors de la scène, un artiste ne représente aucun intérêt à mes yeux.
Vous appuyer sur le déclencheur au moment où la chanteuse est une femme ou l'inverse ?
En concert, elles deviennent un autre personnage. La magie, c'est qu'elles ne sont ni femme, ni artiste sur scène. Elles forment une entité autre. Les filles que j'ai photographiées à Art Rock ont toutes donné de l'émotion et du mystère. J'étais ému d'entendre et de regarder Lhassa sur scène au point d'en pleurer. Je suis resté KO, assis par terre à l'écouter chanter et à profiter de ce moment de grâce infini.
Comment est née votre histoire avec le festival Art Rock ?
En 2004, on me demandait pour quel média je travaillais, si j'étais photographe indépendant ou professionnel. Ces mots m'étaient inconnus. La responsable communication de l'époque a vu les photos que j'avais faites de Rokia Traoré. Voilà comment la décision d'une personne a influé de façon radicale sur mon parcours.
En début d'année, la bibliothèque de Saint-Brieuc m'a proposé de monter une exposition sur les filles dans le rock. Cette thématique m'est chère. J'adore les photographier sur scène. Elles ont une attitude très rock et un côté sexy qui colle si bien à cette musique.
Recueilli par J.B.
Pratique. « Girls Rock », exposition d'Hervé Le Gall à la bibliothèque municipale, rue du 71e RI, vendredi 9 mai, de 13 h 30 à 18 h 30, samedi 10 mai de 10 h à 12 h et de 13 h 30 à 18 h 30 et dimanche 11 mai de 13 h 30 à 18 h 30. Entrée gratuite.