Édition du vendredi 21 septembre 2007
Jean-François Diridollou
Cet homme, bientôt 91 ans, a beaucoup bâti. Dans les années 50, Jean-François Diridollou est représentant auprès des épiciers qui font la campagne, quand ceux-ci lui demandent de créer un groupement d’achats. 1954, il crée le Groupement indépendant des commerçants, qui devient Unico, l’ancêtre de Système U. Il y reste 30 ans. Le réseau s’est étoffé, employant une centaine de salariés. « Le premier bureau était chez moi, rue Cordière. Après on est allés à Plaintel pour le branchement ferroviaire ». L’entreprise progresse, s’étale sur la Bretagne avec un chiffre d’affaires colossal. Belle réussite, sauf que le supermarché remplace le petit épicier. Moralement, le sens de l’histoire ne plaît pas au généreux Jean-François. Lui qui pendant des années n’a pas demandé de salaire. La retraite venue, l’heure n’est pas au repos. Il croise un jeune paumé qui fait la manche, refuse la fatalité et crée une communauté Emmaus à Saint-Brieuc. Après avoir soulevé des montagnes, la maison accueille ses premiers compagnons en 1985. L’année suivante, le Briochin ouvre un Resto du cœur : « Il fallait bien, des gens venaient à Emmaus demander à manger ». Puis un Atelier du cœur. Le poids des ans ne l’arrête pas. Il crée l’antenne briochine des Petits frères des pauvres, pour aider les anciens isolés. « Et s’il y avait encore des choses à ma portée, je m’y emploierai ».
Ouest-France