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Pour pouvoir suivre une scolarité normale, Christophe, 15 ans, dispose d'un ordinateur avec des logiciels adaptés aux personnes souffrant de dysphasie. Ce trouble du langage se caractérise par des difficultés d'expression et de prononciation. « Quand les premiers symptômes sont apparus, pas un seul médecin n'était capable de faire un diagnostic. ». Puéricultrice, Dominique pense d'abord à l'autisme. « Les enseignants me disaient d'attendre, car ce retard ne leur paraissait pas alarmant. »
Culpabilisation des parents
Battante, cette mère refuse de rester impuissante et de condamner son fils à l'échec scolaire. Un orthophoniste accepte de prendre en charge Christophe, à peine âgé de 4 ans. Mais en classe de CP, l'enfant ne parle toujours pas. Et les parents se heurtent à une incompréhension des médecins et des spécialistes. « On rejetait un peu la faute sur nous. Un médecin m'a dit un jour que ma relation avec mon enfant induisait ses troubles du langage, déplore-t-elle. J'ai même dû changer d'orthophoniste car il traitait mon fils de fainéant et me demandait d'être plus sévère pour l'obliger à s'exprimer. » Il faut attendre que Christophe ait 8 ans pour qu'un neurologue mette un nom sur son handicap.
Scolarité adaptée
La commission départementale de l'éducation spéciale en Côtes-d'Armor (aujourd'hui MDPH) ne peut alors que lui proposer de le scolariser en institut médico-éducatif (IME) en Ille-et-Vilaine. Dominique Desquiens refuse et son combat porte ses fruits. « Dans les années 1990, les enfants les plus durement atteints étaient orientés en IME et les autres abandonnés au fond de la classe. Ce qui m'a sauvé, c'est une maîtresse à l'école Saint-Charles La Providence, qui apprenait à lire avec la méthode phonétique et gestuelle appelée Borel-Maisonny. »
Nouvelle victoire en 2002 : Christophe est le premier enfant souffrant de troubles du langage sévères à être pris en charge par le centre Jacques-Cartier, à Saint-Brieuc, qui ne s'occupait jusqu'alors que des sourds et malentendants. Puis, l'inspection académique lui fournit un ordinateur avec des logiciels adaptés aux dysphasiques. Aujourd'hui, l'adolescent suit une scolarité normale en 3e technologique à la Ville-Davy à Quessoy. Le fait d'être différent des autres ? Christophe avoue timidement, « ce n'était pas évident, mais je suis bien intégré maintenant ».
Sarah CAILLAUD.
Plérin. Journée nationale des DYS (dyslexie, dysphasie et dyspraxie...), « De la maternelle à l'insertion professionnelle », à la Maison des agriculteurs, avenue du Chalutier Sans-Pitié. Entrée gratuite, ouvert à tous.