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A 20 h 15, hier soir, Hervé Bougnoux, directeur de la communication de Céléos annonce qu'aucune communication ne sera finalement faite avantce vendredi matin. Les salariés du groupe, placé en redressement judiciaire le 3 septembre, ne sont donc toujours pas fixés sur leur sort. L'angoisse continue. Sur un effectif total de 460 salariés aujourd'hui, ils savent que la menace plane sur 247 d'entre eux. Ils se doutent que les Côtes-d'Armor devraient être le plus durement touchés : 158 des 276 collaborateurs devraient perdre leur emploi, selon les révélations d'une source proche du dossier (Ouest-France d'hier).
En interne, rien ne filtre. « On ne sait rien », confirment plusieurs employés. En sortant de leur journée de travail, hier, vers 18 h, deux jeunes femmes attendaient même le point presse initialement prévu à cette heure-ci dans l'espoir de glaner quelques informations. En vain. Néanmoins, elles se gardaient bien de faire un quelconque commentaire. « On ne fera aucune déclaration, s'excusent-elles. Il y a des gens chez nous dont c'est le métier... » Scénario identique, hier matin, déjà. Vers 10 h 30, alors que le comité d'entreprise venait de démarrer pour évoquer le plan social, des salariés s'octroyaient une pause cigarette à l'entrée du siège. Visages fermés, silence résigné, inquiétude dans les regards.
« Tout le monde est parano... »
A 18 h, Hervé Bougnoux avait déjà repoussé, une première fois, le point presse à 20 h. Sans répondre aux questions. Il est loin le temps de la communication à outrance : la voiture offerte à l'achat d'un appartement, celui du buzz sur internet avec les ventes privées en ligne pour écouler les stocks. Black-out en externe comme en interne.
L'ambiance « familiale », qui existait à la création de l'entreprise en 1996 où le tutoiement était de rigueur, a changé. « Personne ne sait quoi que ce soit. Du coup, tout le monde est parano là-dedans !, confie un ex-salarié. Sous couvert d'anonymat, un employé explique que « même l'accès à internet a été retiré au cas où on irait chercher de l'information ou participer à des forums de discussion. Et en cas de « fuite » dans la presse, il y a une vraie chasse aux sorcières ! »
En attendant, Gilles Cadoudal, le PDG, n'a pas dérogé à la ligne de conduite qu'il suit depuis que la cotation en bourse de son groupe est suspendue : il ne s'exprime pas. Pourtant, ses créanciers, ses clients et ses salariés attendent d'être rassurés. De son côté, le maire PS de Plérin, Ronan Kerdraon ne se fait apparemment plus d'illusion. Il a décidé d'anticiper en prévoyant des locaux pour accueillir une cellule de reclassement.
Bruno ALVAREZ.