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Hier, c'était le baptême du feu pour Jacqueline Chevé : la première femme des Côtes-d'Armor a officiellement fait sa rentrée au Sénat. À 47 ans, la première sénatrice des Côtes-d'Armor a fait sa rentrée officielle. Accueillie par sa « marraine », Odette Herviaux, sénatrice du Morbihan, la Loudéacienne a rejoint ses nouveaux appartements. Enfin, pas tout à fait puisqu'elle n'a pas encore de bureau ! Pour l'instant, elle partage celui de sa consoeur.
« C'est symbolique d'être la première sénatrice du département : c'est un message d'espoir pour toutes les femmes. » Entre conseillère de l'opposition municipale socialiste à Loudéac et conseillère régionale, elle n'a pas encore décidé quel mandat elle laissera. En ce grand jour, elle a d'autres préoccupations.
« Je n'avais jamais rêvéd'être là... »
Mardi, elle a participé à la réunion du groupe PS et élu son président, Jean-Pierre Bel. « J'ai aussi fait le tour des administrations et des services. Franchement, le personnel est très sympa ! »
Elle est comme ça, Jacqueline Chevé : authentique, naturelle, entière. Elle éclate de rire quand elle trouve quelque chose drôle, vous colle une tape dans le dos en vous demandant de vos nouvelles, discute avec tout le monde et n'est pas du genre à faire de la langue de bois son sport quotidien.
La matinée se poursuit entre une découverte historique improvisée avec un agent érudit d'histoire qui lui fait visiter la salle du Livre d'Or, une des plus somptueuses du Sénat (et la haute assemblée s'y connaît en matière de luxe et de faste...) et les détails matériels et administratifs à régler.
À 13 h, c'est la pause déjeuner au restaurant, « une des meilleures tables de Paris » d'après son assistant parlementaire. Il n'a pas tort.
Très vite, Madame la sénatrice retourne à ses affaires. « J'ai eu la chance d'être l'assistante parlementaire de l'ancien député-maire de Loudéac, Didier Chouat. J'ai pratiqué les méandres de l'Assemblée nationale, ça me permettra de gagner du temps... » Elle a demandé à siéger en commission des affaires sociales ou économiques et attend la réponse.
15 h. Elle file dans l'hémicycle, « la boule au ventre. Je n'avais jamais rêvé d'être là... C'est l'aboutissement d'un parcours et je prends conscience de ma fonction. Mais un sénateur est souvent seul : il faut savoir s'entourer... » Cet entourage, solide, elle l'a déjà à Loudéac avec son époux Philippe et leurs deux enfants, Romain, 19 ans et Marine, 12 ans. Entre deux réunions, elle appelle sa fille pour parler de leurs journées, du collège, des devoirs... La sénatrice a hâte de commencer les siens.
Pierre FONTANIER.