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« Depuis le début de l'année, on savait que des programmes se vendaient moins bien... Et que le stock d'appartements invendu augmentait... » Au siège social, à Plérin (Côtes-d'Armor), les salariés ne semblent pas surpris par la décision du tribunal de commerce de Saint-Brieuc de placer les holdings du groupe Céléos en redressement judiciaire, avec période d'observation de six mois.
La cotation de l'action à la Bourse, suspendue sur un dernier cours à 2,82 €, ne laissait guère planer de doute sur la crise. Et ses conséquences pour ce groupe, créé en 1996, qui a connu une croissance fulgurante.
Confronté à des difficultés de trésorerie, le groupe - qui emploie près de 500 salariés à Plérin et dans vingt-sept agences (Ouest et Midi) - n'a pu éviter ce dépôt de bilan.
« Cette situation découle de la forte dégradation de l'environnement économique et du secteur immobilier. Céléos subit de plein fouet un effet de ciseau, lié au niveau important de ses charges de structure par rapport à la baisse soudaine de son chiffre d'affaires », explique le promoteur, par le biais d'un communiqué de presse.
« Le plan social sera lourd »
Après le plan d'économie du printemps, les actionnaires fondateurs - dont le PDG Gilles Cadoudal - ont mis la main au portefeuille pour renflouer les caisses. Pas suffisant pour redresser la barre.
Selon le tribunal, dix-sept sociétés chapeautées par les holdings sont concernées par le redressement. D'autres pas : « Celles qui sont liées à l'activité de commercialisation, aux programmes immobiliers, à l'activité de location-gestion et à la foncière, sociétés toutes financièrement autonomes » ne sont pas concernées.
Le groupe se veut rassurant à l'égard de ses clients. « L'ensemble des logements à ce jour en cours de construction possède tous une assurance garantie d'achèvement. Celle-ci protège juridiquement chaque acquéreur, leur garantissant la livraison effective de leurs biens. » Le groupe a aujourd'hui soixante-dix programmes en cours, dont une quarantaine en Bretagne.
Le tribunal a nommé un administrateur judiciaire, Me Michel Robert, de Rennes, et un mandataire judiciaire, Me Paul-Marie Tremelot, à Saint-Brieuc. L'administrateur va rechercher les solutions possibles. Il devra, aussi, gérer les impayés des fournisseurs, régler les salaires... Il faudra deux mois pour y voir clair. Difficile d'imaginer que la poursuite ou le rachat se fasse sans un plan social. Combien de salariés vont perdre leur emploi ? 100, 200, 300 ? « Ce sera lourd, pronostique un cadre. Puisque nous avons vendu moins de logements, tous les salariés chargés du suivi, de la qualité seront licenciés. »
Jean-Yves HINAULT.