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Céléos a 70 programmes de construction en cours, dont une quarantaine en Bretagne. Son dépôt de bilan va poser des questions sur l'avenir des activités du groupe. : Jérôme FOUQUET.À Plérin (Côtes-d'Armor), la bannière de Céléos claque toujours fièrement au vent, au coeur du centre d'affaires créé il y a à peine plus de 10 ans par Gilles Cadoudal, 45 ans.
Depuis l'annonce de la suspension de sa cotation en bourse, pourtant, le coeur n'y est plus tout à fait. « Les gens ont peur. Il y a plein de coups de fil depuis lundi. Des clients, des entreprises qui travaillent avec nous, rapporte un salarié. Céléos, ce sont les employés, mais aussi les nombreux emplois induits, dans tous les corps de métiers qui travaillent sur nos programmes ».
De la direction, rien ne filtre jusqu'à un communiqué attendu aujourd'hui. Ce jour aussi doit se tenir l'audience du tribunal de commerce de Saint-Brieuc, qui examinera la situation de l'entreprise sur le point de déposer son bilan.
Leader de la promotion immobilière dans l'ouest, avec près de 500 salariés, Céléos collectionne 27 agences de promotion, dont plusieurs dans le Midi. 1 800 logements ont été vendus en 2007.
70 programmes de construction en cours
Mais le groupe à la vertigineuse ascension est durement frappé par la crise immobilière. En particulier par la baisse de 33 % de ventes de logements neufs, enregistrée au premier semestre 2008 en France. Or Céléos ne vend que du neuf. Il a aujourd'hui 70 programmes de construction en cours, dont une quarantaine en Bretagne.
Jusqu'à l'été, Céléos semblait bien résister aux remous du marché : « Nous sommes confiants dans notre capacité à enregistrer une progression de notre chiffre d'affaires » expliquait Gilles Cadoudal il y a trois mois.
Mais le titre Céléos, qui valait 15,40 € lors de son introduction en Bourse il y a deux ans, et jusqu'à 20,50 € en juin 2007, est tombé à 2,86 € vendredi. Depuis l'annonce de la suspension de sa cotation, tout le monde s'interroge sur les conséquences économiques et sociales de cette fragilité, aussi soudaine que le fut son spectaculaire succès.
Le pool bancaire qui accompagne Céléos vient de se réunir, les salaires d'août pourraient ne pas être payés. Un plan social paraît inévitable et sans doute un recentrage sur sa région d'origine. Combien de salariés en pâtiront ? 100 ? 300 ? Tous les chiffres circulent. Quant aux clients, qui ont acheté un appartement sur plan dans un immeuble actuellement en construction, verront-ils leur logement achevé ? Des questions dans toutes les conversations à Saint-Brieuc.
Comment une telle situation a-t-elle pû se produire ? « Nous réinvestissons systématiquement nos gains. Et nous sommes une entreprise jeune. En cas de coup dur, on n'a pas la trésorerie pour tenir le coup », répond-on en interne.
Propos confirmé, avec une nuance, par un professionnel du secteur : « Ils n'ont pas le matelas de trésorerie, pas de fonds propres, parce qu'ils ont eu une croissance trop rapide. Quand tout vous réussit et que le modèle marche, vous continuez ».
Le rachat en 2007 d'un promoteur de la région Rhône Alpes a aussi beaucoup pesé sur la trésorerie. Un investissement qui ne s'est pas avéré rentable.
Marie-Claudine CHAUPITRE.