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Jérôme Cade et ses deux collègues accueillent les plaisanciers tous les jours de l'année au bureau du port. Une trentaine d'escales mensuelles l'été, cela semble peu comparé à un port comme celui de Binic qui en reçoit une centaine les mois d'été. Principale explication : la situation du port au fond de la baie de Saint-Brieuc. Quelques superstitions subsistent aussi : « Les gens craignent de s'échouer dès qu'ils aperçoivent la vasière. Pourtant, il y a plus de marge dans le chenal que dans d'autres ports. On peut accéder au bassin à flot tous les jours ce qui n'est pas le cas partout. » Toutefois, les 250 plaisanciers qui louent un emplacement à l'année ont dépassé cette idée reçue.
Le mois d'aoûts'annonce meilleur
Le Légué ne manque d'ailleurs pas d'atouts puisque des investissements importants ont été consentis, comme des équipements de levage et une aire de carénage. Celle-ci permet d'effectuer une révision au sec des navires. Il y a aussi un hangar « accessible 24 sur 24 avec un badge ». Tout cela a séduit des skippers professionnels comme Frédéric Duthil, qui se classe actuellement deuxième dans la Solitaire du Figaro. Jérôme Cade suit d'ailleurs assidûment ses résultats. Il explique que « les plaisanciers sont surtout attirés par les structures techniques, ils se disent que si les pros les utilisent, pourquoi pas eux. »
Parmi les navigateurs en escale au Légué, « il y a surtout des Anglais. Ils recherchent la tranquillité. Et puis ils ont tout à proximité : des restaurants, une épicerie et des boulangeries. » Seul hic pour Jérôme : ne pas parler anglais. Mais il compte bien y remédier, « même si on arrive toujours à se comprendre », confie-t-il. D'autres fréquentent le Légué grâce au Pass-ports, un dispositif qui permet aux plaisanciers locataires d'un emplacement à l'année de passer une nuitée gratuite dans douze ports du département. « Et cela fonctionne ! », souligne Jérôme.
Le mois d'août s'annonce quant à lui sous de meilleurs auspices puisque le bureau du port a déjà reçu une dizaine de réservations d'emplacements.
Yann LEON.