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Blocus nocturnes, réunions tardives et nombreuses... Hervé, David, Yvon et leurs collègues se sont battus ces dernières semaines « pour réclamer notre dû ». Les producteurs du Trégor et de Argoat - gros bassin laitier avec près de 80 % d'entre eux chez Entremont - ont marqué le conflit de leur présence. Hervé Moël était de ceux qui ont fait monter la température contestataire dans les rangs costarmoricains, et rencontré la direction d'Entremont, jeudi, à Rennes. Producteur de lait à Bourbriac et président de la section lait à la FDSEA 22, il raconte les débuts du bras-de-fer. La détermination, l'inquiétude aussi. « A voir le groupe fromager camper, inflexible, sur sa décision, le doute a assailli bien des éleveurs », relate-t-il. Pas question pour autant de botter en touche. Mais Hervé se préparait au pire : « Un non catégorique d'Entremont aurait mis le feu aux poudres. »
Pour lui et les responsables syndicaux (FDSEA et Jeunes agriculteurs), « c'est une victoire pour tous les producteurs de lait de la région ». Et pas seulement question rémunération. Car « en changeant les règles du jeu, sans concertation, Entremont a remis en cause l'interprofession (éleveurs, coopératives et industriels) qui détermine les prix, indiquent les éleveurs. En se fédérant, on l'a sauvée. »
Satisfaits de repartir sur « des bases plus saines », tous disent retrouver espoir dans l'avenir de la filière lait. Mais la partie n'est pas finie. Les produits industriels (beurre, lait en poudre...) ne font pas recette actuellement quand ceux de grande consommation (lait UHT, fromages...) tirent leur épingle du jeu... Le secteur reste malmené par les fluctuations des marchés mondiaux, « avec lesquelles il faut nous mettre en phase », poursuit Hervé, qui veut « gagner en visibilité ». Les producteurs plaident donc pour une réactivité au trimestre, « là où nous étions rémunérés par rapport aux résultats de l'année précédente ».
Au moins, cette bataille leur donne une satisfaction : « Entremont a plié et n'osera plus faire cavalier seul. » Cependant, « on ne baisse pas la garde », préviennent les producteurs.
Céline MARTIN.