Ligue 2 : Lanterne rouge, Guingamp fait monter la colère
Victor Zvunka aura eu beau s'époumoner sur le banc de touche, rien n'y a fait, Guingamp a tout de même perdu son troisième match. Photo : Béatrice Le Grand.
Ligue 2. Avec trois défaites et aucun but marqué en trois matchs, c'est logiquement que les Guingampais pointent à la dernière place du classement. Lassé, le public commence à perdre patience
Guingamp - Reims : 0-2.
BUTS : Gamiette (25'), Kermorgant (61').
Les espoirs du public avant le match étaient à la hauteur de sa désillusion au coup de sifflet final, vendredi soir. Malgré un bilan comptable nul après les deux premières journées, on pouvait raisonnablement penser que Guingamp allait enfin pouvoir lancer sa saison face à Reims. Les Rouge et Noir n'avaient plus perdu au Roudourou face aux Rémois depuis 1986. Mais surtout, même si les Costarmoricains venaient d'enchaîner deux défaites sans marquer le moindre le but, Les Champenois ne se présentaient pas en Bretagne dans les meilleures dispositions. Plus mauvaise défense du championnat et zéro point au compteur, les hommes de Didier Tholot venaient à Guingamp pour se rassurer. Non seulement ils se sont rassurés en gagnant, mais ils ont en plus enfoncé les Guingampais. « Au niveau comptable, nous avons commencé notre championnat ce soir (vendredi). C'était vraiment une bonne soirée pour nous, parce que j'ai vu du progrès dans tous les domaines », se rassure l'entraîneur rémois.
Une prestation bien pâle
Victor Zvunka, lui, ne peut toujours pas se rassurer. Maintenant dernier au classement, l'inquiétude doit même commencer à le gagner. Autant les deux premiers matchs face à Metz, puis Boulogne, pouvaient laisser des regrets, mais le résultat de vendredi soir ne souffre d'aucune contestation. « C'est vrai que nous n'avons pas réalisé une grande partie, avouait Victor Zvunka. Nous n'avons jamais été en mesure de mettre en difficulté nos adversaires. Pourtant, j'ai tout tenté tactiquement. » Hormis le penalty, manqué par Savinaud, Guingamp n'a eu aucune occasion nette pendant toute la partie. Vendredi soir, le manque d'inspiration, de création a été criant face un bloc rémois très compact. Comme souvent quand une équipe est en manque de solutions, les Bretons se sont réfugiés dans le jeu direct, en recherchant systématiquement Yohann Rivière par de longs ballons, qui ne mettaient jamais en danger l'arrière-garde de Reims.
Sans relief offensivement, la prestation défensive n'a pas non plus été très rassurante. Les rares incursions du Stade de Reims dans le camp guingampais semblaient pouvoir déstabiliser les Bretons. Sur le premier but, tout le bloc a brillé par sa passivité et sa « fébrilité », comme le disait l'entraîneur guingampais. Gamiette, à l'entrée de la surface était étrangement libre de tout marquage et a eu tout le loisir d'ajuster Gauclin. Des symptômes d'une équipe en mal de confiance et en plein doute.
A l'issue du match, les joueurs ne fuyaient pas leurs responsabilités et étaient conscients de la situation. « Après cinq premières minutes intéressantes, nous avons reculé. Ensuite, il y a le premier but qui nous a mis la tête dans le trou. Maintenant, il ne faut pas se voiler la face, on ne peut pas être plus mal, analysait lucidement Fabrice Colleau. Il va falloir retrouver les valeurs de la saison dernière. » Ce n'est pas tant l'état d'esprit, que le fond de jeu qui inquiète. En effet, à l'image de Bellugou ou de Colleau, les Costarmoricains ont pourtant tout donné et il est impossible de leur faire des reproches de ce côté. Mais il faudra plus que de la volonté à Bastia, la semaine prochaine pour sortir la tête de l'eau et « ramener au moins un point », comme l'espère Fabrice Colleau.
Thomas DANIEL.
Ouest-France