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Faustine Merret, à droite, n'aura jamais pu se relever de sa disqualification infligée lundi suite à un contact en course avec l'Espagnole Marina Alabau. : Don EmmertPleine d'ambition à l'orée de ces Jeux chinois, la pensionnaire des Crocodiles de l'Elorn (Brest) ne s'attendait pas à un tel scénario. « C'est sûr que si je n'atteins pas le podium, je serais déçue » déclarait-elle d'ailleurs quelques jours avant son entrée en compétition. Une semaine plus tard pourtant elle doit se résoudre à rendre sa couronne. Si les autres favorites, Alessandra Sensini (championne olympique à Sydney en 2000 et championne du monde cette année) et Jian Yin (vice-championne olympique à Athènes en 2004), respectivement 1re et 2e sont au rendez-vous, la Française est quant à elle loin du compte avec sa 15e place. À moins d'un miracle aujourd'hui lors de la 10e et dernière régate (5 h, heure française), elle ne participera même pas à la course aux médailles de mercredi qui concernent uniquement les 10 meilleures concurrentes.
Une entrée en matière fatale
Pourquoi un tel échec ? Cette question ne devrait pas manquer d'alimenter les conversations au cours des prochains jours. Certains avanceront le changement de planche avec l'abandon de la Mistral, support en 2004, pour la RS : X, d'autres préfèreront pointer son irrégularité sur les neuf premières régates avec un classement s'étirant de la 7e à la 19e place (sur 27). Pour Claire Fountaine, DTN adjointe également en charge de l'équipe de France, les dés étaient pipés dès la 1re journée : « Lundi, dès la 1re régate, Faustine s'est aperçue que la Chinoise (Jian Yin) était très à l'aise sur le petit temps, au près. Ça a été un premier coup pour elle. Le deuxième coup au moral était encore plus grand avec sa disqualification en fin de journée après la réclamation de l'Espagnole Marina Alabau. Elle a accusé le coup. C'était vraiment un coup de massue. » La raison de la réclamation est simple : la Finistérienne a touché Alabau à l'amorce de la dernière bouée, une pénalité qu'elle a réparée trop tard selon le jury. Si elle ne contestait pas le fond, son entourage s'étonnait davantage de la forme. « La réclamation a été portée très tardivement. Même si elle savait que d'autres concurrentes étaient redoutables et prêtes à aller sur tapis vert, elle ne pensait pas que cette Espagnole, avec qui elle s'entendait bien, en était capable » ajoutait la DTN adjointe. Elle a donc appris, à ses dépens, que l'amitié ne pèse pas bien lourd face à un titre olympique.
« Le coeur n'y est plus »
Même si chacune des engagées peut faire valoir un « joker » qui annule l'un des résultats, cette fameuse journée de lundi semble avoir été le début de la fin pour elle. Le moral atteint, elle n'aura jamais inversé la tendance avec des classements trop importants pour revenir dans la course : 10e et 7e mardi, 12e vendredi, 19e et 17e dimanche, 18e et 7e hier. Des résultats anecdotiques finalement, son rêve de doublé s'étant évanoui depuis bien longtemps. « Le coeur n'y est plus, elle fait quand même les manches, mais elle n'est plus que l'ombre d'elle-même. Elle était venue avec des ambitions légitimes et de voir des concurrentes qu'elle connaît très bien en tête, c'est très difficile à vivre pour elle » compatissait Claire Fountaine. Selon toute vraisemblance, le « calvaire » de la Brestoise s'achèvera dès ce matin. Elle pourra ensuite tirer une croix définitive sur ces JO asiatiques et se tourner vers l'avenir. À 30 ans, il est encore devant elle. Alessandra Sensini, aujourd'hui la mieux placée pour s'emparer de l'or, n'a « que » 38 ans...
Mael MOIZANT.