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On est fin août et ils travaillent déjà. Cette semaine, ces enfants suivent un stage de remise à niveau avant la reprise officielle, le 2 septembre. Ils passent en classe de CM2 ou de sixième et ont éprouvé des difficultés pendant l'année scolaire passée.
« Le but de ce stage est de les aider, de valoriser l'image qu'ils peuvent avoir de l'école. De les remettre en selle en douceur », explique la directrice de l'école des Merles, Sylvie Pinay.
Ces stages ont été mis en place pour la première fois cette année, à l'initiative du ministère de l'Éducation Nationale. Bien entendu, ils ont demandé une certaine organisation. « J'ai envoyé un courrier aux parents des enfants en difficulté en leur proposant ce stage. Ils pouvaient refuser mais tous ont accepté. »
Depuis lundi, près de cent enfants des différentes écoles briochines ont ressorti stylos et cahiers. Répartis sur plusieurs écoles, ils travaillent de 9 h à 12 h, en petits groupes. Au programme : français et mathématiques. Dictée, calculs, problèmes...
Maths et français à l'honneur
À l'école des Merles, dix élèves sont présents et pris en charge par trois enseignantes. L'une d'elle, Solenn Jumelais explique : « Les enfants sont en petits groupes, ils osent davantage poser des questions, dire qu'ils ne comprennent pas. Nous, on a le temps de leur porter une attention particulière, d'individualiser le travail. » Pour elle, ces stages ne cristallisent pas les élèves en difficultés. « Au contraire, ils permettent de dédramatiser l'échec. » Les parents des enfants présents semblent aussi satisfaits. « Cela permet à ma fille de se remettre dans le bain, de se remotiver », insiste Laurence.
« Heureusement que ce n'est que le matin »
Mais qu'en pensent les principaux intéressés, les enfants ? « Les institutrices s'occupent bien de nous car on est que quatre en classe. Je comprends mieux les notions », explique Julie qui passe en sixième en septembre. Son voisin Brandon, futur CM2, ajoute : « C'est bien, on revoit des choses qu'on a oubliées pendant les vacances. Mais heureusement que ce n'est que le matin, comme ça, on a l'après-midi pour s'amuser, passer du temps avec notre famille. »
Dans les classes, les institutrices n'hésitent pas à faire intervenir les élèves, à leur donner des conseils... « Viens au tableau nous montrer comment tu fais ta soustraction » ; « Combien ça fait d'après toi 7 x 5 ? Tu as intérêt à revoir tes tables pour la rentrée, sinon, tu vas perdre du temps dans tes calculs. »
Solenn souligne cependant un problème : « Comme certains enfants viennent d'une autre école, on ne les connaît pas et on perd du temps à cibler leurs difficultés. »
Cet accompagnement scolaire va se poursuivre toute l'année. Les professeurs des écoles devront consacrer deux heures par semaine au soutien des élèves en difficulté. Réforme semble bien être le mot d'ordre de la rentrée.
Manon BOUGAULT.