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Dans la chambre 4, chacun a été rebaptisé : Thomas « le cycliste », Dimitri « le dormeur », Guillaume « le chapiteau », etc. 18 h 15. Depuis un an, chacun a pris ses habitudes. Le soir, on dîne à l'extérieur, direction Jean-Moulin pour ceux qui dorment à Freyssinet et à l'auberge de jeunesse (les autres restent dans leur établissement d'accueil). C'est parti pour une marche de 10 minutes, balayée par un léger vent automnal. « Les jeunes râlent quand il pleut », signalent Thomas et Yves, deux pions. Alors que Melvin se fait houspiller, Mamadou joue du pied avec une pomme de pin. Quelques-uns fument.
18 h 30-19 h 25. Au self, la troupe s'allonge à vue d'oeil. Le réfectoire se remplit et le bruit s'amplifie d'un coup. Morgane, Clémence, Noémie, Maureen et Léa s'apprêtent à prendre leur plateau. « Ce qui est le plus chiant, c'est les valises à emmener à « Freyss » le vendredi matin. Mais bon, on s'y habitue... » Les élèves ont aussi leurs repères ici : le personnel du lycée est en cuisine pour assurer le repas du soir. Les fourchettes virevoltent dans les assiettes qui se vident très vite. Les études, ça creuse ! On pense à préparer des sandwichs pour ceux qui font du sport. « Ce sont beaucoup de petits détails qui ont leur importance », confie Yves. Exemple : Romain a une entorse et se déplace à l'aide de béquilles. Il faut prévoir une voiture pour les trajets.
19 h 30. Il est temps de rentrer à la « maison » pour les 59 lycéens logés à l'auberge de jeunesse, à quelques centaines de mètres de là. La « maison » car ils s'y sentent comme chez eux. À l'image de la chambre n° 4. Ils ont huit à y dormir. Huit ados devenus copains au fil du temps. Certains ont déjà une année derrière eux. Comme Guillaume et Jérémie, tous les deux de Lannion. « Ce n'est pas le contexte de l'école, on n'a pas l'impression d'être en classe. On s'amuse bien. Faire des batailles d'eau, mettre la honte à des collègues... On en fait tellement. » On comprend que tout n'est pas racontable.
20 h-21 h. Étude obligatoire dans le réfectoire. Malgré l'ambiance colonie de vacances, il faut bien travailler. Sous l'oeil d'Enrique et Jonathan, les surveillants.
21 h. La chambrée 4 est au complet. Ça déconne « grave » ! Le programme de ce soir : télé (match de foot) ou foyer (les ados restent dans leurs chambres, font du baby-foot...). « On s'engueule tous les soirs », rigole Ronan, le comique de la bande. La cohabitation se passe bien et l'amitié est née même s'il y a « des petits problèmes d'odeur ».
22 h 30. Extinction « théorique » des feux. Mais Jérémie se rend compte que son lit est légèrement humide. Ces potes sont passés par là. Une blague de potaches. Après cette journée agitée, les yeux se ferment.
6 h 45-7 h 50. Les internes se réveillent et descendent déjeuner... en silence. Seul le bruit de la machine à café rompt le calme matinal. En retard, les flemmards avalent leur bol de chocolat. On remonte se brosser les dents et on file en cours. Certains partent en voiture. D'autres à pied. « Dépêche, on va être à la bourre ! » Tous les jours, les lycéens apprennent à gérer leur « petite indépendance ».
Soizic QUERO.