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Trois énormes bouquets de myriophylle du Brésil attachés et lestés d'une pierre. La volonté de nuire ne fait aucun doute. : Ouest-France(Côtes-d'Armor). Elle menace la faune, la flore et la pêche.
L'étang du Moulin-Neuf, situé à Plounérin (Côtes-d'Armor), a été la cible d'un « attentat anti-écologique ». Fin juin, deux botanistes ont découvert la présence de myriophylle du Brésil (Myriophyllum aquaticum) sur une berge de l'étang. Importée récemment dans nos régions pour la décoration des aquariums, cette plante est connue pour son caractère invasif en milieu naturel. Très rapide, sa prolifération peut recouvrir entièrement les berges immergées d'un étang ou d'un réseau de fossés. « Cela occasionne alors la disparition de bon nombre d'espèces végétales et animales, mais c'est aussi une gêne importante pour la pêche », expliquent les spécialistes.
Une semaine après, un agent de l'association de la Vallée du Léguer et un autre de la communauté de communes de Beg-ar-C'hra, propriétaire du site, se rendent sur place, afin de procéder à l'enlèvement de la plante. Mais là, une surprise de taille les attend : les deux hommes dénichent une touffe de 1 m2 de myriophylle du Brésil. Il s'agit, en fait, d'un gros bouquet, savamment ligoté et lesté à l'aide d'une pierre, accrochée à la corde par un fil de fer. Ils trouveront finalement trois bouquets identiques, déposés à divers endroits en bord d'étang, afin que ce dernier soit colonisé par l'invasive.
Irresponsabilité d'un jardinier peu scrupuleux ou acte de malveillance ? L'énigme sur les motivations de cette introduction reste entière. À la communauté de communes, on penche plutôt pour la seconde solution : « Pour en posséder autant, l'auteur avait bien connaissance du caractère invasif de l'espèce. » Devant les risques encourus par l'étang, mais aussi par les plans d'eau et fossés situés plus en aval sur le Yard, la collectivité a décidé de porter plainte à la gendarmerie. En attendant l'interpellation du ou des auteurs des faits, les berges du Moulin-Neuf vont faire l'objet d'une vigilance particulière. « Rappelons que le site fait partie du réseau Natura 2000. Il constitue l'un des joyaux de notre patrimoine naturel régional et c'est aussi un site de pêche très apprécié. »