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À l'instar des pays nordiques ou du Royaume-Uni, la production d'électricité à partir des éoliennes en mer devrait se développer en France à l'horizon 2010. : Reuters/Michael KoorenElles fleurissent en mer du Nord mais n'existent pas encore en France. Les éoliennes maritimes, dites « off shore », sont à l'étude en Bretagne. Car ici, les vents marins sont propices à la production d'énergie éolienne. L'agence Ouest de l'Espace éolien développement (EED), filiale du groupe Poweo, s'est intéressée à la baie de Saint-Brieuc.
À une dizaine de kilomètres de Saint-Quay-Portrieux, au sud du phare Le Grand Léjon, la zone pourrait accueillir une trentaine d'éoliennes d'une capacité de 150 Mégawatts. Le parc serait composé de deux lignes de quinze aérogénérateurs, séparés de 400 mètres.
Selon les porteurs du projet, le site semble idéal. L'impact visuel est limité, la profondeur des fonds ne dépasse pas 30 mètres, les vents et la nature des sédiments sont intéressants, la proximité du port de Saint-Quay-Portrieux faciliterait travaux et entretien en mer. « À ce stade de la réflexion, aucune proposition technique n'est figée, explique Grégoire Durand, chef de projet. Une étude d'impact complète est nécessaire pour évaluer les conséquences de la présence des éoliennes ».
Pertes financières énormes
Informés, les pêcheurs de la baie refusent que l'on empiète sur leur domaine de navigation. « 60 % de la pêche côtière, coquilles et poissons, provient de la zone préconisée pour ce parc, indique Alain Coudray, vice-président du comité local des pêches de Saint-Brieuc. Si la navigation reste autorisée dans ce coin, aucun professionnel ne prendra le risque d'échouer son bâtiment sur ces récifs artificiels. Les pertes financières pour la filière seraient énormes ».
À l'agence EDD, on affirme que rien ne se fera sans l'accord des pêcheurs. Mais on rappelle que ces implantations « off shore » assureraient 15 % de la production énergétique des Côtes-d'Armor.
Catherine LEMESLE.