Une première rafale métissée et teintée d'électro
Il n'a fallu que quelques minutes à Rafale pour emporter le public à sa cause. : Photos Jérôme Fouquet
Pour ses 25 ans, le festival a offert une soirée supplémentaire aux festivaliers. Hier, quatre groupes ont chauffé le forum.
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La coutume veut que ce soit celui qui fête son anniversaire qui reçoive des cadeaux. Or, pour souffler ses 25 bougies, c'est Art Rock qui a décidé d'offrir un cadeau aux festivaliers, à ses habitués : une soirée de rab. Quatre soirées au lieu de trois (pas quatre pour le prix de trois, puisqu'on ne pouvait pas prendre de forfait quatre jours). Que du bonheur. Une façon de se mettre en jambe, en bouche et dans le rythme pour les trois journées festivalières intenses qui vont suivre. Le public ne s'y pas trompé, puisque le forum a retrouvé sa vocation d'arène bouillonnante, tandis que les rues et les bars avec des concerts ne désemplissaient pas.
Cette soirée, les organisateurs d'Art Rock l'ont voulu métissée et teintée d'électro, festive et dansante. Pari réussi. Tout d'abord avec la cosmo-pop d'Olli and the Bollywood. Mélange de kitch si présent dans le cinéma indien, de musique traditionnelle et d'électro, où les boucles et les rythmes répétitifs suscitent la danse. Vu la mutation de l'Inde, il est fort à parier que dans les mariages à Madras ou Calcutta, les gens dansent sur ce genre de musique. De toute façon, il faudrait avoir l'insensibilité d'un fakir pour ne pas ressentir des fourmis dans les jambes.
Sitar, tambourins, flûte traversière charment des ordinateurs hypnotiques. Si le mariage des instruments traditionnels et des machines est en harmonie, le contraste visuel de cette association entre ces ordinateurs tout en aluminium et ces instruments en bois patiné est saisissant.
Très orientalisante également que la prestation de Mukta. Une musique à la construction digne d'un palais aux pièces et aux facettes multiples.
23 h. Finis les sitars. Place aux bonnes grosses basses et aux rythmes ravageurs de Rafale. Premier coup de chaud du festival. Le duo de Briochins balance une techno-rock très maîtrisée, nerveuse toute en montées ravageuses. Il y a du Prodigy chez ces deux jeunes électroniciens. Et si de leurs machines jaillissent parfois des sons que Vitalic ne renierait pas, c'est pour mieux les coupler, les mixer de rythmes piochés dans les annales du rock, comme ces roulements de batterie empruntés à Nirvana. Le souffle puissant d'un groupe qui fait l'effet d'une tornade, qui doit s'attendre à des lendemains prometteurs.
Il n'y eut pas besoin de débrancher la quatre cordes pour laisser ensuite la place à High Tone. Très attendu, ce groupe précurseur du dub-électro n'a pas laissé le temps au public de redescendre, l'emmenant avec ses rythmes tribaux entêtants, vers ce bonheur simple des corps en fusion.
Laurent FRÉTIGNÉ.
Ouest-France