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Ils y ont cru jusqu'au bout, mais aujourd'hui la pilule est dure à avaler. Leur boîte ferme. La société SIO (Services Industrie de l'Ouest) assurait la conception et la fabrication d'outillage de presse, outils de découpe et d'emboutissage de tôles, principalement pour les constructeurs automobiles. Un secteur très concurrentiel, sur lequel les Chinois sont aujourd'hui les plus forts. Leur patron, Noël Gac, leur a signifié leur licenciement le 14 avril dernier, après six mois de redressement judiciaire inopérant.
« On a été tellement surpris, il nous a fait croire jusqu'au bout que ça continuerait », racontent les derniers techniciens, réunis devant l'entreprise comme pour un dernier adieu. Ils ont cru qu'une entreprise du secteur les rachèterait pendant le redressement, mais les rares contacts n'ont rien donné. Ils ont cru que leurs compétences reconnues leur permettraient, une fois de plus, de passer à travers le gros temps. Comme quand Moulinex venait de leur faire faux bond, au début des années 90 : « À cette époque-là, nous avons accepté d'abandonner notre treizième mois pour mieux rebondir », explique Gilbert Le Goas, le plus ancien du groupe.
« La Tchéquie était notre planche de salut »
Une belle histoire pourtant. Créée en 1989 par un ex-Chaffoteaux, Jean Deschamps et huit copains, SIO a compté jusqu'à 43 salariés. Gilbert Le Goas, était là dès les débuts. « Nous avions un savoir-faire », regrette-t-il. Comme lui, Vincent Gérard délégué du personnel, Olivier Bresteau, responsable du bureau d'études, racontent que leur directeur, Noël Gac, qui a repris l'affaire en 2000, a fait le choix d'investir coûte que coûte en République tchèque en mai 2005 : « C'était son bébé. Mais ça ne marchait pas. Le site de Saint-Brieuc a payé les dettes à travers la holding créée à cette occasion. »
Noël Gac dément cette vision des choses. « Les deux entreprises ne sont pas liées juridiquement. Elles sont autonomes. Si SIO France n'avait pas perdu de sous, je n'aurais pas mis la clé sous la porte. » Il justifie son choix : « La Tchéquie, c'était notre planche de salut. Dans les environs de Prague, sur un rayon de 250 km, 3 000 entreprises travaillent pour l'automobile. Et les prix y sont beaucoup moins élevés. » Même s'il reconnaît que les techniciens français sont plus compétents, Noël Gac ne se fait plus d'illusions : « On ne peut pas concurrencer les Chinois, les Indiens, les Thaïlandais ou les Turcs. Quand on annonce 100, les Chinois disent 45 ! »
Alain BIHEL.