Voile : Gildas Morvan, champion de la régularité
Cap Istanbul. Gildas Morvan succède à Nicolas Troussel au palmarèsdu championnat de France. Le Finistérien n'a pas volé son titre.
ISTANBUL (de notre envoyé spécial). Le géant de Landéda n'a pas tremblé. Devant la marina de Fenerbahçe, l'un des quartiers de la mégapole stambouliote, Gildas Morvan est redevenu hier champion de France de course au large en solitaire. Un titre qui ne pouvait lui échapper.
Le skipper de Cercle Vert n'a, certes, pas dominé toutes les courses. Mais il a été le plus régulier, n'abandonnant jamais les avants-postes. Cette saison, il est tout de même monté à cinq reprises sur le podium, étapes et classements généraux confondus. Le tableau aurait été parfait s'il avait remporté la Solitaire du Figaro ou cette Cap Istanbul, les deux épreuves majeures de la saison qu'il termine finalement à la deuxième place.
« J'ai énormément travaillé ma préparation physique. » A le regarder de bas en haut, son explication pourrait faire rire. Mais Gildas Morvan, un mètre quatre-vingt-treize, est sérieux. « Ces dernières années, j'avais un peu négligé cet aspect. Cette année, je me suis remis dedans avec un préparateur physique. J'ai vu la différence toute la saison ». Alors que la flotte est arrivée exténuée sur les rives du Bosphore, et ne s'en cachait pas, le Finistérien, lui, évoquait sa fraîcheur. « J'ai commencé la saison en m'arrachant sur la Course des Falaises. Sur la Figaro, j'étais en grande forme. Je sentais que j'avais du répondant. A la fois de la force et de l'endurance. Du coup, à Nice, au départ de cette dernière course, je n'étais pas cramé comme beaucoup pouvaient l'être ».
7e, 5e, 5e, 2e et 12e, le nouveau champion de France n'a pas connu d'étapes sans, entre Nice et Istanbul. Son bilan est comme il l'avait imaginé. « Je ne voulais surtout pas penser au championnat de France. J'étais avant tout concentré sur la course, avec l'envie de bien naviguer. » Une ambition qui ne l'a toutefois pas poussé à prendre des risques inconsidérés sur ses stratégies de route.
A l'issue de sa 12e année dans le circuit Figaro, il ne lui manque toujours qu'une victoire : la Solitaire du Figaro. Il y sera au départ l'été prochain à Lorient, avec, encore une fois, la pancarte de favori.
Renaud PELARD.
Ouest-France