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Yann Eliès prendra le départ du Vendée Globe sur son monocoque de 60 pieds le 9 novembre 2008 des Sables-d'Olonne. Ici, sur la photo, à son arrivée de la Transat Jacques-Vabre, en novembre 2007. : Archives O-F.Je suis toujours Briochin et Costarmoricain de coeur ! Je suis attaché à ma région, à ma ville. Et n'oublie pas que le conseil général me suit depuis dix ans en me versant une subvention. D'ailleurs j'ai le numéro 22 : sur la coque et sur la voile de mon voilier.
Une entreprise de 6 salariés, un budget entre 1 et 1,5 million d'euros, pas trop la pression ?
Si bien sûr. J'étais habitué à des budgets Figaro de l'ordre de 150 000,00 € avec une masse salariale qui se réduisait à un skipper et un préparateur. Quand tu te retrouves à la tête d'une entreprise de six salariés, ça fait bizarre. Je n'avais pas les compétences de management, au début cela n'a pas été facile. Mais je me suis bien entouré humainement. Le responsable administratif et le directeur technique sont deux personnes de confiance.
Génerali, ton sponsor, te suit depuis longtemps ?
Dix ans. C'est un record de longévité pour un sponsor dans la voile.
Yann Elies commence à être connu, pas trop sollicité ?
Si bien sûr, ça commence. Et ce n'est pas fini cela va être comme ça jusqu'au départ. D'ailleurs mardi, j'étais à Bréhat en famille, accompagné d'une équipe de télévision pour un reportage. Je me souviens (rires) j'avais du mal au début avec le milieu des journalistes. J'étais bourru, rebelle. Depuis j'ai appris leurs contraintes (rires). J'ai d'ailleurs noué des relations d'amitié avec certains. Côté notoriété, je ne peux pas dire que cela ne me touche pas. Je pense que j'aime ça, c'est une sorte de recherche de reconnaissance. Le tout est de rester authentique.
Participer au Vendée Globe, l'impression d'être dans la cour des grands ?
Je serai dans la cour des grands lorsque je les aurais battus. Quand je serais à l'arrivée, dans le tiercé gagnant, là je serai dans la cour des grands.
Trois mois seul en mer, pas trop dur ?
C'est un défi. L'idéal est de passer toute la course dans la compétition, avec les cinq premiers, là le temps passe vite. Mais trois mois seul en mer, c'est plus comme avant. Les technologies ont évolué : t'es au téléphone tous les jours, des mails t'en reçois tous les jours, la position des concurrents tu l'as, la météo elle tombe quatre fois par jour. Et puis trois mois dans une vie, c'est quoi ?
Côté préparation ?
Elle a démarré depuis belle lurette. Maintenant on va dire qu'on est plus dans la préparation de l'intendance : la bouffe, les rangements... L'objectif est d'arriver aux Sables-d'Olonne le 18 octobre avec le moins de soucis à régler. Côté navigation, je vais participer à 2 stages de 3 jours à Port-La-Forêt. L'objectif : s'entraîner à faire des manoeuvres en solitaire, naviguer au contact d'adversaires de qualité, voir les performances réelles des bateaux... Côté préparation physique je fais un peu de sport : footing, VTT, rameur, mais c'est pas ma tasse de thé (rires). Le rameur, je précise.
Et après le Vendée Globe ?
J'aimerais repartir sur une campagne de quatre ans pour le prochain Vendée Globe, avec un nouveau bateau ; la Barcelona Race, tour du monde en double ; la Route du Rhum 2010 et je souhaiterais refaire du Figaro, car je voudrais me confronter à la nouvelle génération. C'est une forme de remise en question, une remise à niveau face à des concurrents plus jeunes.
Propos recueillis par
Véronique CONSTANCE.