Édition du vendredi 21 septembre 2007

Yves Fleury

Ses racines sont paysannes et il en est fier. « Parce ce que ce sont mes parents agriculteurs à Plourhan qui m’ont appris le travail et une forme de sagesse. » Mais le chemin d’Yves Fleury ne sera pas celui de la ferme. S’il aspire un temps à être prêtre, c’est dans la médecine qu’il va assouvir sa passion « pour la science et la psychologie. »  Après de brillantes études à Rennes, il choisit la voie hospitalière. Médecin à 24 ans. Un cancer, dont il fait la découverte lui-même, met une parenthèse au parcours. Mais il survit. « Sortir de ce cancer a été une expérience extraordinaire. Mon investisement dans les soins palliatifs est parti de là. ».  Il reprend à Saint-Brieuc et opte pour la gériatrie. Pas commun à une époque où le secteur n’est pas considéré comme le plus noble dans la profession. Mais cela le passionne «  pour ce côté humain si important en gériatrie. Je reprendrais une phrase qui dit qu’une des grandes qualité des soignants, c’est d’aimer les vieux. » Les vieux, il en fera un combat. Chef de service, au début des années 1990, il se bagarre pour faire avancer l’accompagnement. « A une époque, il y avait 600 lits. On était deux médecins et demi. » Il lance la restructuration des Capuçins, l’antenne départementale Jalmav en Côtes-d’Armor et un groupe de réflexion éthique. Plus en retrait depuis 2004 (à la naissance de son 7e enfant), il continue à tirer la sonnette d’alarme. « Un soignant a 5 à 8 mn pour donner à manger. Il faudra mettre des sous pour les vieux, pour qu’ils vivent dignement, sans s’acharner. Sans oublier l’enjeu majeur, Alzheimer. La société ne veut pas voir le vieillissement. » Une certitude. A son goût « ça n’avance pas assez ».

Ouest-France

Les autres titres

maville.com Tous les flux RSS d'actualités