Édition du mercredi 29 octobre 2008
Saint-Brieuc/Ploufragan ne demande qu'à grandir
Nationale 3 féminine. Après six journées, les Briochines occupent la seconde place du classement. Inespéré pour des promues aux ambitions mesurées.
Quelque chose se passe dans le milieu départemental du basket féminin. Les résultats des basketteuses briochines et de leurs voisines trégueusiennes sont là pour en témoigner. En retard notamment par rapport à l'Ille-et-Vilaine et au Finistère, les équipes féminines costarmoricaines ne veulent plus être à la traîne. L'union Saint-Brieuc/Ploufragan (ex AL Saint-Brieuc) se prépare à combler ce handicap avec à sa tête Cathy Le Houérou qui, sans faux-fuyant, livre sa vision de la situation.
Vous attendiez-vous à un tel début de saison ?
Non, pas du tout. Se retrouver à la seconde place après avoir joué les équipes qui occupent les six premières places du classement est quelque chose de tout à fait exceptionnel et ce d'autant plus qu'il ne nous manquait pas grand-chose pour réussir le carton plein. Notre seule défaite à Nantes, chez l'actuel leader, tenait à très peu de chose.
À quoi attribuez-vous cette réussite ?
Habituées à évoluer en Nationale 3, les filles sont contentes de retrouver ce niveau après une année de purgatoire en prénationale. Une année qui a tout de même permis de travailler en réussissant l'extraordinaire challenge de terminer invaincues. Mais attention : si gagner devient une habitude, on s'expose à de mauvaises surprises. Les filles ont compris qu'il fallait continuer à travailler. C'est ainsi que sur un groupe de 12 filles présentes aux entraînements, 10 ont contribué à la marque lors de notre récente victoire à Ifs. C'est un signe !
Votre retour sur le terrain a boosté l'équipe. Qu'en pensez-vous ?
Je n'aime pas parler de moi. Tout ce que je peux dire c'est que je suis comme une gamine en retrouvant du plaisir et des émotions au sein de ce groupe qui vit bien ensemble.
Les ambitions sont-elles revues à la hausse ?
Oui et non. Il faut être raisonnable et réaliste ; il ne faut pas que la moindre pression s'installe. L'important est de se faire plaisir et d'accumuler de la confiance. Une place dans le premier carré serait déjà une grande satisfaction mais si l'occasion de monter se présente, pourquoi pas ?
Saint-Brieuc et le département méritent une équipe féminine à un niveau au-dessus. Que faut-il faire pour y arriver ?
On est confronté à un problème de recrutement. Jusque-là, les meilleures jeunes partaient pour Rennes, Brest ou ailleurs. Avec l'équipe cadette nation de l'Union, les choses devraient changer dans les années à venir. Pouvoir s'identifier à un club est important. Je reste très attachée à cela. Il faut que ce nouveau club conserve ses structures et que tout le monde s'intègre et s'implique. Il n'y a pas de place pour des mercenaires. Pour jouer au niveau au-dessus, la N2 me paraît être raisonnable, il manque de toute évidence une véritable numéro 5 (intérieur), denrée rare dans le basket féminin et, à un degré moindre, une numéro 1 (meneuse). L'arrivée de telles joueuses, faute actuellement de moyens, ne peut se faire qu'avec l'aide appuyée des collectivités locales.
Ouest-France