
Bon pied, l'oeil pétillant, la posture alerte, le doyen de la commune marche allégrement au point d'aller prendre encore le bus pour faire ses courses aux Village. Le plus souvent par un circuit qu'il connaît bien, il se rend au supermarché de Trémuson. « Je vais aux commerces pratiquement tous les jours, car pour moi faire à manger reste un plaisir et une simple formalité », lance avec une pointe d'humour le nonagénaire. Pour le ménage, Louis Philippe se fait aider deux fois la semaine par une aide ménagère. Sa fille Evelyne habite au Légué et son fils Denis sur la commune. Son passé, il ne l'évoque guère. « J'avais seulement 15 jours quand mon père est parti à la guerre de 14. Il est revenu quatre années plus tard ». Cinq années de captivité, d'abord à Strasbourg où « c'était la misère », ensuite la Bavière dans une ferme et plus tard dans une usine de fabrique de confitures et de boissons près de Leipzig. Revenu en mai 1945, il se marie en novembre de la même année. De l'union naîtront, deux enfants, quatre petits enfants et cinq arrières petits enfants.
Parti à la retraite depuis trente et un ans à soixante-trois ans, Louis Philippe a travaillé tour à tour dans la mécanique, le caoutchouc, la démolition des véhicules, Chaffoteaux et pour conclure à Star caravane.
Porte drapeau des anciens combattants, il ne veut plus assurer cette mission en raison de son âge. En accord avec le président Orgebin, c'est son petit fils Stéphane qui l'accompagnera le 11 novembre prochain au monument aux morts.