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La Communauté d'agglomération devra attendre pour s'installer dans ses propres locaux. Les économies réalisées serviront à boucler le plan de financement des travaux d'extension du centre de congrès Équinoxe, à Brézillet. Mais comment financer ce projet dont les chiffres ont fait la culbute ? Chiffres qu'a rappelés Michel Lesage, pour expliquer sa décision de suspendre les travaux, il y a un mois : « Ce projet de 9 millions d'euros en 2004, puis 10 M€ en 2007, est finalement arrivé à 16 M€ aujourd'hui, dont 12 M€ pour la seule première tranche. Ce qui porte le coût net, pour la Cabri, à 12 M€ pour l'ensemble du projet (9 M€ pour la 1re tranche). »
Alors, pour commencer, la Cabri va trinquer : « La construction de notre siège social attendra trois, quatre ou cinq ans. Peut-être ne le ferons-nous pas au cours du mandat », indique-t-il à l'assemblée fraîchement élue. Un siège pourtant très attendu par une institution qui paie 220 000 € de loyer pour loger ses 250 salariés. Ce report permettra d'économiser 16 M€.
Un audit et une étude pour y voir clair
Cela suffira-t-il ? La nouvelle majorité de la Cabri veut y voir plus clair, dans les finances du bateau dont elle vient de prendre le commandement. Pour cela, elle a lancé deux études : « J'ai demandé un audit financier afin d'avoir une réflexion sur le plan pluriannuel d'investissements. Ainsi qu'une mission d'expertise, qui devrait nous éclairer sur la pertinence et le contenu de la deuxième tranche d'Équinoxe. »
Le président de la Cabri prévient : « Il faudra ajuster le financement de l'extension d'Équinoxe et remettre à plat l'ensemble de nos projets d'investissements. » En clair, d'autres sources d'économies pourraient être recherchées. L'audit financier devrait apporter des pistes aux élus qui devront faire ces choix.
Sur les raisons de l'évolution des chiffres, Michel Lesage se veut consensuel. Il se contente de constater que les seules subventions assurées pour Équinoxe s'élèvent à 2,8 M€, sans aborder la question de la responsabilité chez ses prédécesseurs.
D'autres sont moins évasifs, comme Ronan Kerdraon (Plérin) : « Comment de telles dérives ont-elles été possibles ? Quelles sont les responsabilités politiques et techniques ? interroge-t-il. Et faut-il craindre d'autres terrains minés ? »
Pour y répondre, Michel Lesage laisse la parole à Bruno Joncour, quelque peu embarrassé, se contentant d'un : « Il faudra avoir un débat de fond sur l'historique », et rappelant « le long chemin qu'il a fallu parcourir pour la lourde et lente instruction de ce dossier ».
Une lenteur sur laquelle Michel Lesage rebondit, en rappelant avec agacement la subvention de 2,3 M€ du contrat de plan « que nous avons perdue fin 2006 parce que le projet n'était pas concrétisé. Une somme perdue pour l'agglomération. C'est aberrant. »
Marie-Claudine CHAUPITRE.